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Histoire militaire de Minorque : les châteaux

Quand la petite histoire rejoint la grande Histoire
27Juin

Histoire militaire de Minorque : les châteaux

L’emplacement stratégique de l’île de Minorque, en plein coeur de la Méditerranée, en a fait l’objet d’invasions pirates fréquentes avant d’être l’enjeu de puissances européennes qui ont vu en Minorque un point clé pour le contrôle de la Méditerranée. L’histoire militaire de Minorque, extrêmement riche, a dessiné le paysage de l’île.

À l’époque médiévale, l’île conquise par Alfonso III d’Aragon aux musulmans voit les tours fleurir sous l’action des propriétaires ruraux afin de protéger la population des attaques pirates. Les tours médiévales les mieux conservées sont Torre Saura et S’Argoçam Binifadet.

Que ce soit pour la surveillance militaire ou pour se protéger des attaques-surprises par les côtes, la solution rapidement adoptée par les Minorquins fut la construction de tours et tourelles agrémentées d’une muraille tout au long de la côte. Pour avertir de la présence d’un ennemi, un feu était allumé dans la tour, s’enchaînait ensuite le principe des sémaphores : les feux étaient allumés de tour en tour pour alerter la population tout entière.

Les premières constructions défensives à Minorque sont Barba Rossa à Mahon (1535) et Mustafa Lot à Ciutadella (1558), ce qui a conduit Philippe II a prendre la décision de construire le fort de San Felipe, renforçant ainsi les anciens murs médiévaux de Mahon et Ciutadella et d’accueillir les bastions d’artillerie. Sous son impulsion est également érigée la tour de défense de Saint-Nicolas.

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Au XVIIIe siècle, à la suite de la guerre de Succession, le trône d’Espagne passe aux mains des Anglais (Traité d’Utrecht de 1713). L’île va alors rester anglaise près de 100 ans, avec quelques passages sous domination française et espagnole.

Tous vont développer des constructions défensives sur le pourtour des côtes, et les grands bâtiments militaires, comme la réforme et l’agrandissement du château de San Felipe et fort Marlborough. Enfin, en 1802, le traité d’Amiens ramène l’île de Minorque sous Couronne espagnole. Charles III détruit alors les châteaux de Minorque. C’est pour cela que, malgré son passé militaire fort présent dans l’île, il reste finalement peu de constructions en comparaison du nombre qui a ponctué le paysage minorquin pendant des siècles.

Un passé militaire fortement attaché l’histoire de l’île de Minorque, comme en témoignent les nombreux forts et chateaux qui s’égrainent le long des côtes minorquines.

 

Fort Marlborough

L'histoire militaire de Minorque a dessiné un paysage atypique, comme le fort Malborough, très bien conservé

Fort situé sur le côté sud de la baie de Saint-Étienne. Il a été construit parles anglais entre 1720 et 1726 pour protéger le secteur sud du château San Felipe et éviter, en cas de siège, que les batteries ennemies puissent être placé sur le côté nord de la colline surplombant Saint-Philippe. Ce fort a subi deux sièges historiques. En 1756, l’armée française, commandée par le duc de Richelieu, arrache l’île aux Britanniques. Elle restera française pendant sept ans. En 1781, l’armée Espagnol, dirigée par le duc de Crillon, réussit à replacer temporairement l’île sous la souveraineté espagnole.

Revenue aux mains des Anglais en 1798, ils construisent alors la tour sur la colline de Hung Hung pour éviter que les sièges menés par les Français et les Espagnols puissent se reproduire.
Le fort de Marlborough fait quasiment corps avec le paysage, une grande partie de la fortification est directement creusée dans la roche. La technologie de sa conception nous invite à un voyage à travers le temps et nous donne un bel aperçu de la vie dans le fort, l’histoire des sièges de Minorque et cette histoire militaire de Minorque rejoint une histoire militaire de l’Europe, riche en rebondissements !

 

Castell de Sant Felipe

Le château de San Felipe, situé à l’embouchure du port de Mahon, est l’œuvre des Espagnols au milieu du XVIe siècle. Ce modèle de fortifications a consisté en une série d’éléments en forme d’étoile et concentrique architecturalement. Au dessin du fort original Espagnol (un carré avec quatre bastions) a été ajouté un complexe réseau de bâtiments et des galeries de combat en sous-sol.

Il a atteint son développement maximum moisi du XVIIIe siècle. Il était alors le complexe le plus important et le plus impressionnant d’Europe.

Il faut garder à l’esprit pour comprendre cette puissance qu’il était alors complété par les forts de défense de San Carlos (sud-est), de Marlborough au Sud-ouest, Felipet à l’est, sur l’île de Lazaretto)et du fort Argyle Anstruther au nord-est.

Le château de San Felipe conserve des traces de l’histoire dans son intégralité : les poudrières, les magasins, les hôpitaux, les organes de surveillance, les guérites, les cuisinières et les fours).

San Felipe a subi deux sièges, le premier, en 1756, était le français; le second, en 1781, espagnol. Démoli en 1782 sur ordre de Charles III, il sera reconstruit ans plus tard par les Anglais pour être définitivement détruit en 1802 par les Espagnols, suite au Traité d’Amiens.On peut encore aujourd’hui observer l’impressionnant réseau des galeries souterraines, qui offrent des visites extraordinaires, notamment en nocturne des représentations des scènes réelles du passé. Une véritable visite hors du temps qui nous fait revivre l’histoire militaire de Minorque.

 

Fortalesa de la Mola

L'histoire militaire de Minorque a dessiné un paysage atypique, comme l'immense Mola a Ciutadella

L'histoire militaire de Minorque a dessiné un paysage atypique

Au cours du XIXe siècle, les intérêts coloniaux de la France et de la Grande-Bretagne ont placé Minorque au cœur de leurs routes commerciales. La route Nord-Sud pour les Français (France-Algérie), traversés avec les Britanniques entre Gibraltar et l’Inde. Plus précisément, le point de passage était le port de Mahon.

C’est dans ce contexte de conserver cet appui commercial que la forteresse de Isabel II Mola Port Mahon commence à sortir de terre. Érigé avec toute la maîtrise de l’architecture défensive, vous retrouvez le large et profond fossé, les angles entrants, et tout ce qui permettait de défendre cette place au mieux.

Ce qui dénote et surprend, c’est la finesse d’exécution de l’escalier en pierre, sculptée en escargot, agrémenté de gargouilles, de manteaux et surtout les voûtes qui ont provoqué l’admiration de nombreux architectes.

Autre point notable de la Mola, son système d’approvisionnement en eau potable via un réseau de récupération et de filtrage de l’eau de pluie. L’ironie de l’histoire est que toute cette puissance d’Elizabeth II, l’un des derniers de cette qualité, était devenue obsolète. Terminés au bout de 20 ans (1850-1870), le développement de nouvelles armes offensives et les progrès de la Marine ont rendu tous ces efforts vains. Cet exemple montre toute l’ampleur que prend l’histoire militaire de Minorque, où quand la petite histoire rejoint la grande : théâtre d’expérimentation, l’île a été un véritable laboratoire expérimentale de la construction et des modes défensifs des grandes puissances européennes.

 

Castell de Sant Antoni

Le château de San Antonio est la genèse de la ville de Fornells Bay, emplacement stratégique de l’île aux grandes heures de l’histoire militaire de Minorque, qui est né en lien avec cette fortification. La construction du château débute en 1637, pendant le règne de Philippe IV. Le château était carré; d’environ trente mètres de long sur douze de large. Aux quatre coins étaient situés quatre bastions, qui portaient les noms des quatre évangélistes.

À l’intérieur : une modeste chapelle, des entrepôts, un grand logement pour la citerne et l’intendance des troupes. Au centre, une petite cour.

Il reste peu de traces, ce fort a été détruit en 1782, peu de temps après le retour de l’île aux mains des Espagnols, et sur ordre de Charles III.

Restauré ou conservé, il reste aujourd’hui un bastion et une partie des galeries souterraines. Il est très révélateur de l’histoire militaire de Minorque et de ce passé glorieux bâti uniquement sur un besoin temporaires des grandes puissances en présence sur l’île. Une fois le besoin passé, les bâtis sont restés à l’abandon.

 

Castell de Santa Agueda

On remonte en 903 : les îles Baléares font partie du monde musulman. Isam Al Khawlani est alors annexé au califat de Cordoue. En 1287, les troupes catalanes d’Alphonse III débarquent à Port-Mahon. Des centaines de minorquins quittent leurs terres et se réfugient au Château de Sainte-Agathe. Au sommet du mont Sainte-Agathe a été construite entre le Xe et XIIIe siècle, l’un des plus importants complexes défensifs andalous. Aux prémices de l’histoire militaire de Minorque, Santa Agueda est aujourd’hui totalement en ruines.

Du château, vous pouvez profiter d’une vue qui embrasse quasiment tout le nord de l’île, une grande partie de la côte du nord-ouest. L’ensemble se compose de trois sites, sur une superficie de 6,5 hectares, soit 1.800 mètres de murs et 37 tours !

La fonction du château était essentiellement défensive, en particulier pour les ports de la côte nord. L’emplacement a également été choisi comme solution de repli des autorités de l’île en cas de grand danger, ainsi que des populations immédiates. Il semblerait que l’enceinte du château abritait une importance population militaire, mais également civile rurale.

Le château, tombé en désuétude ne garde que peu de traces de sa splendeur restent une découverte surprenante au détour de randonnées magnifiques.